Les cérémonies du thé à travers le monde

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2737 av. J.-C, c’est l’année où le thé a été découvert, il y a plus de 4000 ans.

Oui, en 2737 avant J.-C., en Chine, l’empereur chinois est tombé par hasard sur une potion mystérieuse après que des feuilles de la plante camellia sinensis soient tombées accidentellement dans l’eau que son serviteur faisait bouillir pour lui. En tant qu’herboriste, il a saisi l’occasion d’essayer une nouvelle décoction, en a bu le breuvage et est immédiatement tombé amoureux de sa saveur… Un amour qui a été partagé par des milliards de personnes depuis.

Il est incroyable de penser que le thé est consommé par l’homme depuis plus de 4000 ans. Et il est peut-être encore plus étrange de penser qu’en Grande-Bretagne, un boisson si importante dans ce pays que depuis 400 ans à peine.

Le rituel de la consommation de thé est imprégné de coutumes culturelles à travers le monde.

Lorsque nous pensons aux rituels de consommation du thé, ce sont les cérémonies du thé chinoises et japonaises qui nous viennent immédiatement à l’esprit : formalité, silence, liens avec la nature, le thé comme cadeau à prendre très au sérieux.

L’officialité nous semble étrangère que de boire du thé dans un but précis et régi par des règles.

Cependant, le thé ne suit-il pas les heures de repas, n’aide-t-il pas à calmer nos nerfs, ne nous accueille-t-il pas à la maison après le travail ou chez des amis (imaginez que vous ne proposiez pas un thé ou un café à un ami ? Ultime faux pas social). Le thé a donc une signification : confort, sécurité, amitié.

Le thé n’est pas seulement apprécié dans les pays mentionnés ci-dessus. Le thé a réussi à envoûter les gens sur tous les continents, ce qui lui a valu d’être considéré comme la deuxième boisson la plus consommée sur la planète après l’eau. La capacité du thé à imprégner les cultures lui a sans doute permis de survivre à ces 4000 ans, chacune apportant ses propres traditions et singularités pour célébrer ce breuvage si particulier.

C’est ce que nous allons voir ici : comment les traditions de consommation du thé diffèrent dans certaines régions du monde.

Le thé en Chine

Comme mentionné ci-dessus, en Chine, la consommation de thé est cérémoniale. Non seulement les Chinois célèbrent le thé, mais ils l’utilisent pour célébrer ou consolider officiellement des occasions, par exemple en servant du thé lors des réunions de famille, comme symbole d’excuses officielles et comme moyen de s’adresser poliment aux parents et de les remercier pour leur don et la réception des partenaires lors des mariages.

Ce sont les goûts et les arômes du thé qui sont au cœur du rituel. Chaque ustensile est soigneusement lavé ou nettoyé à l’aide de la première infusion des feuilles de thé vert afin de garantir que le goût de la seconde infusion ne soit pas coloré par des corps étrangers, comme des particules de poussière, et ainsi que le thé soit pur.

La façon dont le thé est versé est également cruciale : lentement, d’un seul mouvement, dans toutes les tasses (qui sont de petits pots en argile) et seulement à moitié pleine. L’autre moitié de la tasse est censée être remplie d’amitié et d’affection, ce qui a pour but de lier l’hôte et son invité.

Le thé au Japon

Au Japon, la cérémonie du thé s’articule autour de la préparation du thé Matcha japonais, un thé vert réduit en une fine poudre mondialement connue pour ses excellents pouvoirs curatifs, sa forte concentration d’antioxydants et son goût plutôt amer.

La cérémonie s’appelle Chanoyu et se concentre sur l’esthétique de la fabrication du thé plutôt que sur son goût ou ses odeurs.

La composition de la cérémonie remonte au XIIe siècle et implique que l’hôte serve le thé, ainsi que la présentation des ustensiles et des céramiques utilisés pour le préparer, la disposition des fleurs dans l’espace et la calligraphie. Tous ces éléments peuvent être modifiés par l’hôte pour s’adapter au mieux à l’occasion pour laquelle le thé est servi. Il incombe également à l’hôte d’avoir pris en compte la façon dont ses invités verront le thé sous tous les angles de l’espace, afin de s’assurer que leur expérience sera empreinte de pureté, de sérénité et de tranquillité : une lourde responsabilité en l’occurence car tout se doit d’être parfaitement maitrisé.

La réflexion nécessaire à la réussite d’une cérémonie permet souvent de renforcer les liens d’amitié entre les hôtes et leurs invités une fois l’expérience terminée.

Le thé en Inde

En Inde, le thé est servi dans la rue par les Chaiwallas, ou “faiseurs de thé”, qui mélangent leur thé chai épicé sur leurs étals dans les gares, les stations de bus et à chaque coin de rue.

Le chai authentique est laiteux, sucré et épicé, fabriqué à partir d’un épais lait de bufflonne, de thé Assam, de gousses de cardamome, de gingembre, de cannelle et beaucoup de sucre. Les ingrédients peuvent varier, mais le rituel reste généralement le même : le Chaiwalla fait infuser tous les ingrédients dans une grande marmite en métal sur des charbons placés sur le sol en pierre. Une fois que la potion a mijoté, elle est déversée à travers un tamis dans une bouilloire, puis est versée dans de petits pots en terre cuite depuis une grande hauteur. Les gobelets ne sont utilisés qu’une seule fois ; les consommateurs les jettent au sol une fois qu’ils ont terminé, les brisant en morceaux, pour permettre à l’argile d’être à nouveau piétinée dans le sol.

De même, une grande partie du thé indien est réputée pour ses propriétés médicinales, principalement en raison des liens étroits avec l’hindouisme et la tradition ayurvédique : un système qui nous incite à vivre selon une médecine alternative, régie en définitive par un mode de vie sain et équilibré ou tout est lié. Les mélanges de thé sont donc imprégnés d’une philosophie de vie.

Le thé en Russie

La Russie a découvert le thé au milieu des années 1600, le tsar russe a reçu du thé en cadeau de la part de l’ambassadeur chinois à Moscou et rapidement, un accord commercial a été mis en place entre les deux pays.

En Russie, l’importance est mise sur la chaleur produite par l’infusion du thé et à la chaleur ressentie lors de sa consommation (en raison du froid qui prédomine dans le pays). La cérémonie du thé en Russie est donc centrée sur l’utilisation d’un samovar, une grande urne à thé en métal avec des poignées décoratives et un bec verseur.

En général, le samovar est composé de plusieurs couches. Les samovars simples ont une couche inférieure contenant l’eau chaude, qui est en fait chauffée en remplissant de charbons chauds le petit tuyau soudé qui traverse le centre de l’urne. Au-dessus se trouve une petite théière en métal, souvent du même métal, et une forme concentrée de thé infusé, le zavarka, est préparée ici avant d’être diluée par l’eau chaude de l’urne.

Le thé noir de la Caravane russe (ainsi nommé en raison des trains de chameaux qui ont apporté le thé en Russie) est le mélange parfait à infuser dans un samovar car les thés utilisés ont un goût fort : Le thé Keemun chinois et le thé Oolong de Formose, avec parfois des touches de thés noirs indiens comme l’Assam pour ajouter une touche maltée au mélange.

Le thé au Maroc

Le Maroc est célèbre pour son thé à la menthe, un mélange de thé vert chinois, de feuilles de menthe fraîches et de beaucoup de sucre (souvent cinq fois plus de sucre que de thé !).

Le rituel de la préparation du thé est un loisir au Maroc et si l’on vous invite à participer à la préparation du thé, c’est un symbole important. On allume de l’encens et ceux qui participent au service se lavent les mains dans de l’eau de fleur d’oranger avant de commencer.

Tout d’abord, des feuilles de thé vert en vrac sont placées dans une théière à ventre rond, au sommet conique et au long bec incurvé, et de l’eau chaude est ajoutée. Tout comme en Chine, la première infusion (que l’on laisse infuser pendant une minute seulement avant de la verser dans un grand verre) sert à nettoyer, cette fois-ci les feuilles, afin de débarrasser les feuilles des impuretés qu’elles ont pu accumuler au cours de leur voyage. Ensuite, le thé en vrac est infusé avant que l’on y ajoute le sucre et la menthe.

Le bec verseur est un élément important de la théière. La courbure du bec permet au serveur de verser le thé depuis une hauteur d’environ cinquante centimètres dans les petits verres situés en dessous, afin de créer une mousse à la surface du thé.

Le thé est souvent servi au Maroc : après chaque repas, à l’entrée de certains magasins, pour accueillir les invités dans la maison et même pour marquer les transactions commerciales.

Le thé en Iran

Le thé est également la boisson nationale en Iran. Les buveurs de thé apprécient principalement le thé vert et le thé noir. Aucune occasion ne peut avoir lieu sans que du thé soit servi et, dans de nombreuses régions d’Iran, le thé de couleur claire est un signe d’irrespect de la part de l’hôte envers son invité.

Grâce à l’utilisation d’un samovar, les Iraniens chauffent l’eau et l’utilisent tout simplement, ce qu’ils considèrent comme un moyen d’extraire les arômes et les saveurs en profondeur des feuilles.

En général, le thé est bu dans un verre, que l’on tient par le bord de celui-ci entre le pouce et l’index, l’auriculaire servant d’équilibre. Souvent, on tient dans l’autre main une grande pipe reliée à un narguilé, ou qalyoon comme on l’appelle en Iran, un grand appareil à fumer qui utilise du tabac chaud aromatisé et de l’eau. En l’absence d’alcool, les maisons de thé, où le thé et le qalyoon sont servis, font office de centre social où les jeunes Iraniens peuvent se détendre et se rencontrer, un peu comme nous, occidentaux, le ferions dans le bar du coin.

Le thé au Kazakhstan

Le Kazakhstan est un autre des pays où l’on consomme le plus de thé au monde, sa tradition étant une fois de plus ancrée dans le fait de donner et de recevoir du thé comme un acte d’accueil et de politesse. Les invités se voient offrir du thé à leur arrivée dans la maison et il est considéré comme impoli de refuser cette boisson.

Les kazakhs sont connus, tout comme les russes et les turcs, pour utiliser des samovars pour infuser et servir le thé ; cependant, contrairement à la Russie, le serveur ne remplit les kasirs (qui sont de petites soucoupes à large ouverture) qu’à moitié environ. Cela permet de garantir que le thé est toujours servi chaud.

Les invités à la cérémonie doivent ensuite remettre leurs kasirs vides à la femme hôte pour la remercier. Elle remplit ensuite les tasses à moitié et les passe à nouveau à ses invités, un processus qui se poursuit, créant une cérémonie rythmée et visuelle, incroyable à voir.

Le thé en Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, la tradition du thé implique également de manger. Cette coutume a été développée au début du 19ème siècle, d’abord par les classes supérieures comme un moyen de combler le fossé entre le déjeuner et le dîner. Le thé était servi vers 16h, accompagné de petits sandwichs et de gâteaux.

Bien évidemment, un article seul ne suffit pas pour parler du thé à travers le monde, mais j’espère que vous aurez appris des choses et pourquoi pas vous donner envie de voyager même si ce n’est qu’au travers du thé !

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